
Parmi les troubles de l'appétit, on observe de l'anorexie, de la polyphagie, du pica et des persistances de tétée.
L'anorexie est l'absence d'appétit.
L'hyporexie est la diminution de l'appétit.
L'aphagie est l'absence de prise d'aliment.
L'hypophagie est une diminution de l'ingestion alimentaire.
Anorexie et aphagie
Les causes de perte d'appétit sont nombreuses : la moindre inflammation ou infection peut les déclencher. Ce qui nous intéresse ici est l'origine psychologique de la perte d'appétit.
Dans la hiérarchie des motivations de survie, l'appétit vient en tête. Mais, dans certaines circonstances, l'appétit est soumis à une autre motivation plus forte : c'est le cas en période sexuelle. Lorsque le matou est activé par une chatte en chaleur, il peut ne penser qu'à l'érotisme et perdre l'appétit pour quelque jours. (…) La chatte en chaleur peut aussi perdre l'appétit momentanément. La chatte-mère qui vient d'accoucher ne mange pas : elle s'est nourrie des placentas et restera quelques jours avec ses chatons avant de penser à se nourrir à nouveau.
Des chats nerveux ou anxieux peuvent aussi ne pas se préoccuper de manger. Certains auteurs parlent d'anorexie nerveuse (anorexia nervosa) (..)
L'anxiété, la peur, la dépression, l'hyperactivité, sont autant de causes profondes de perte d'appétit, nécessitant un diagnostic et un traitement médicamenteux.
Une des causes les plus fréquentes d'aphagie d'un chat vivant en groupe est l'absence d'accès à la nourriture : un autre chat peut, par exemple, contrôler l'accès au lieu des repas, ou le chat aphagique a peur d'approcher le bol d'aliment.
Polyphagie et obésité
La polyphagie : c'est manger beaucoup (et souvent).
Si le chat mange plus que ses besoins énergétiques ne le requièrent, il prend du poids. Près de 20 à 40% des chats sont trop gros, voire obèses.
L'obésité entraîne une augmentation des risques d'arthrose, de diabète, de dégénérescence graisseuse du foie. Si le chat devient obèse, c'est qu'il ingère trop de calories et en dépense trop peu : trop de nourriture, pas assez d'exercice, pas de satiété ! On peut fausser la satiété de différentes façons.
- Génétiquement : dans des conditions difficiles d'alimentation insuffisante et irrégulière, les chats survivants sont ceux qui arrivent à stocker des réserves énergétiques : une fois mis dans des conditions d'abondance de nourriture, ces chats ont une tendance à devenir obèses.
- Nutritionnellement : en variant les goûts et les saveurs, on arrive à manipuler le sentiment de satiété. C'est comme si le chat, comme nous, avait à nouveau faim pour un aliment nouveau, un dessert. (il restera bien une petite place…)
- Psychologiquement : manger rend content, manger apaise ! En cas d'inquiétude, de détresse, d'anxiété ou seulement d'ennui, manger apaise.
Un autre facteur à ne pas oublier, c'est que manger par procuration apaise le maître. Donner à manger, c'est aimer ! Bien manger est un signe de bien-être. L'anxiété du maître peut être apaisée si le chat mange bien.
Pour faire maigrir les chats, il serait tout simple de leur fournir des souris vivantes à chasser dans un milieu complexe dans lequel les souris pourraient échapper au chat assez souvent. En somme, ce serait remettre le chat dans la nature.
Gageons que ce ne serait pas au goût de la ménagère, responsable de la nutrition familiale !
Une stratégie alternative simple à l'obésité combine différentes solutions :
- donner des repas pauvres en calories ;
- donner des repas fréquents : 6 à 10 petits repas par jour ;
- favoriser l'exercice en transformant le lieu d'habitation en salle de fitness pour chat.
Il va sans dire que dans tout les cas de chat hors norme –et un chat obèse est hors norme- un contrôle vétérinaire s'impose pour éliminer tout risque de maladie métabolique, comme le diabète par exemple.
Source : Extraits, Joël Dehasse, « Tout sur la psychologie du chat »
Merci à Gruik gruik pour l'article et la photo de sa magnifique Athéna!!
|